Le chiffre est tombé comme un couperet : près de 4 millions de motos sillonnent aujourd’hui les routes françaises, mais toutes ne sont pas logées à la même enseigne quand il s’agit du contrôle technique. Pendant que le débat gronde chez les motards, la réglementation trace une frontière nette, parfois inattendue, entre les deux-roues soumis à la visite obligatoire et ceux qui y échappent encore.
Contrôle technique des motos : ce qui change vraiment en France
Depuis 2024, le contrôle technique moto n’est plus une perspective lointaine pour les propriétaires. La France a finalement adopté le dispositif en se calant sur la directive européenne, mais en modelant ses propres règles. Le calendrier, lui, reste nuancé : tout se joue selon la date de première mise en circulation.
Pour les deux-roues d’avant 2016, la première échéance arrive entre avril et août 2024, en fonction de la date anniversaire de chaque véhicule. Pour les modèles plus récents, l’obligation s’étale jusqu’en 2027. Sont concernés tous les engins de la catégorie L : motos, scooters, tricycles et quadricycles motorisés.
L’étape du contrôle technique, ce n’est jamais un simple passage à vide. Il s’agit de présenter le véhicule dans un centre agréé, de fournir la carte grise et de laisser expertiser avec attention chaque élément-clé : freins, éclairage, émissions sonores, taux de pollution, état des pneus. Un défaut repéré ? C’est la contre-visite, la possibilité d’une immobilisation, et parfois une sanction financière. On ne joue pas avec la sécurité.
Pourtant, certains motards échappent toujours à la file d’attente devant les centres. Les motos dédiées exclusivement à la compétition, dûment inscrites dans les registres spécialisés, restent à l’écart du dispositif. Même scénario pour les véhicules de collection : tant que cette spécificité figure bien sur la carte grise, le contrôle ne s’impose pas. Usage du véhicule et date de mise en circulation deviennent alors des critères déterminants.
Quels véhicules échappent à l’obligation ? La liste complète des exemptions
La réglementation fixe avec précision la liste des véhicules exemptés de contrôle technique en France. Voici les différentes catégories encore épargnées par la convocation obligatoire :
- Véhicules de collection : toute moto, tricycle ou quadricycle à moteur âgé de plus de 30 ans et identifié comme « collection » sur la carte grise. Ce statut dispense du contrôle tant que l’immatriculation reste à jour.
- Motos réservées à la compétition : seules celles officiellement enregistrées pour la pratique sportive et sorties uniquement lors d’épreuves homologuées ou d’entraînements ciblés sont dispensées du contrôle technique.
- Véhicules des forces de l’ordre ou de secours : l’exemption s’applique en fonction de l’utilisation officielle de ces véhicules et de leur immatriculation d’État, telle que définie par le code de la route.
À l’opposé, toute moto, scooter, tricycle ou quadricycle utilisé pour les déplacements quotidiens, loisirs ou travail, doit se plier à la règle sans dérogation. Même les populaires 50 cm³, adoptés dès le plus jeune âge, sont concernés. Seule une mention particulière sur la carte grise peut permettre d’y échapper.
L’objectif reste clair : rehausser le niveau de sécurité routière, sans pour autant gommer la passion de l’ancien ou l’esprit compétitif. Les dérogations restent strictement encadrées.
Dates clés, démarches à connaître et sanctions en cas d’oubli
Pour ceux qui sont concernés, le délai ne laisse pas de place à l’improvisation. Le premier contrôle technique doit avoir lieu dans les six mois précédant la date anniversaire de la première immatriculation. Prendre trop d’avance ou trop de retard ? Ni l’un ni l’autre ne sera accepté. Tous les véhicules, neufs ou de plusieurs années, sont concernés selon leur catégorie.
Lorsqu’une moto a plus de quatre ans et doit être vendue, le vendeur a l’obligation de présenter un contrôle technique valide daté de moins de six mois à l’acheteur. Ce rapport officiel est indispensable pour réaliser la mutation de la carte grise. Pas d’exception possible à cette règle.
La procédure, à ce stade, reste simple, mais incontournable : prendre rendez-vous dans un centre habilité, présenter la carte grise, puis laisser le véhicule se faire examiner intégralement. Les points d’inspection mettent l’accent sur la sécurité, le bruit, la pollution et l’état général de la moto. Un défaut suffisamment grave impose un retour au centre sans délai, avec le risque d’immobilisation.
Omettre ce contrôle expose à des conséquences immédiates : 135 euros d’amende forfaitaire, retrait du certificat d’immatriculation, éventuellement immobilisation du deux-roues. L’administration ne tolère aucun relâchement.
Questions fréquentes : comment savoir si votre moto est concernée ?
Avant de fixer un rendez-vous, il faut vérifier la catégorie d’immatriculation du véhicule, qui figure sur la carte grise. Toutes les motos et assimilés ne sont pas systématiquement assujettis au contrôle technique en France, car tout dépend des détails administratifs.
- Les véhicules de collection portant la mention dédiée sur leur carte grise disposent d’une exemption officielle.
- Les motos réservées à la compétition, et uniquement celles déclarées dans ce cadre, se trouvent exclues du dispositif.
- Certains engins spécifiques, comme des quadricycles utilitaires non homologués pour la route, n’entrent pas non plus dans le champ d’application.
Pour tous les autres, c’est la date de mise en circulation et la catégorie précisée qui font foi. Les centres de contrôle technique tiennent à disposition des listes détaillées, identiques partout en France. En cas de doute, le service de la préfecture ou les portails administratifs permettent d’obtenir une réponse fiable pour chaque deux-roues motorisé.
À préciser : ni les vélos, ni les trottinettes électriques, ni les cyclomoteurs sous la barre des 50 cm³ ne sont concernés par ces contrôles. Seuls importent la puissance, la date d’immatriculation et l’usage du véhicule.
Le conseil reste simple : consulter la rubrique « catégorie » sur la carte grise, c’est le meilleur moyen d’éviter la mauvaise surprise.
Sur le bitume, la règle s’impose désormais. Mieux vaut l’anticiper que la découvrir brutalement lors d’un contrôle inopiné.


