Réglementation trottinettes électriques : pourquoi sont-elles interdites ?

160 000 trottinettes électriques partagées circulaient encore dans les rues françaises en 2022. Un an plus tard, plusieurs grandes villes les bannissaient purement et simplement de leur espace public. Les règles n’ont jamais été aussi claires, mais la confusion persiste. Pourquoi ces engins, adulés un temps pour leur agilité, se retrouvent-ils parfois interdits ? Petite mise au point sur une réglementation qui ne laisse plus place à l’improvisation.

Le code de la route ne laisse plus vraiment de place au doute : les trottinettes électriques n’ont pas le droit de circuler sur les trottoirs. Leur terrain de jeu se limite aux pistes cyclables et à certains axes urbains, à condition de respecter des limitations de vitesse strictes. Dans plusieurs communes, des arrêtés municipaux ont durci le ton : restrictions supplémentaires, interdictions sectorielles, parfois bannissement total de certains quartiers.

Certains modèles dépassant les 25 km/h tombent dans la catégorie des cyclomoteurs : sans homologation, ils n’ont rien à faire sur la voie publique. Les contrevenants s’exposent à des amendes et, selon la gravité, à la confiscation de leur engin.

Comprendre l’essor des trottinettes électriques et les enjeux de sécurité

La trottinette électrique s’est taillée une place de choix dans la mobilité urbaine. Compacte, facile à manier, elle offre une solution rapide pour éviter les embouteillages du quotidien. D’après l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, plus d’un million d’engins de ce type circulent aujourd’hui en France. Un chiffre qui donne le vertige et témoigne de la rapidité avec laquelle la trottinette électrique a investi nos rues.

Mais cette ascension fulgurante s’accompagne de nouveaux défis à relever. Les usagers se retrouvent à partager la chaussée avec piétons, cyclistes et automobilistes. Les différences de rythme, de vigilance ou d’expérience compliquent la coexistence. La sécurité s’impose, naturellement, au centre des préoccupations : les chiffres des accidents liés aux engins de déplacement personnel ne cessent de grimper. L’absence de carrosserie, la stabilité parfois précaire, ou l’inexpérience de certains utilisateurs amplifient les risques.

Voici les situations accidentogènes rencontrées le plus souvent :

  • Chutes fréquentes sur les chaussées glissantes ou sur les pavés mal entretenus
  • Chocs avec d’autres usagers, notamment au niveau des carrefours et intersections
  • Accidents de nuit, dus à une visibilité insuffisante ou à un défaut d’attention

La généralisation des trottinettes électriques nouvelles questionne la capacité d’adaptation des villes. Les infrastructures ne suivent pas toujours, les règles de circulation sont encore mal maîtrisées, et la réglementation tente de s’aligner sur une innovation qui va vite, très vite. La sécurité des usagers s’invite au cœur des débats, quelque part entre promotion de la mobilité douce et impératif de prévention.

Pourquoi certaines trottinettes électriques sont-elles interdites à la circulation ?

La réglementation s’adapte aux pratiques, et le cadre légal n’a rien d’anecdotique. Certaines trottinettes électriques se voient exclues de la circulation parce qu’elles ne répondent pas aux normes fixées. Vitesse excessive, absence d’équipements indispensables, défaut d’homologation… ces modèles ne sont pas les bienvenus sur la chaussée ou les pistes cyclables.

La loi est sans ambiguïté : vitesse plafonnée à 25 km/h, moteur unique, pas de siège, équipements obligatoires. Toute entorse à ces règles place l’engin hors circuit. Les trottinettes électriques de service, louées en libre-service, doivent se soumettre aux mêmes exigences. Certains modèles vont au-delà de la puissance ou de la vitesse permise, d’autres négligent les feux, la sonnette ou les dispositifs réfléchissants. Dans ces conditions, leur utilisation sur l’espace public est interdite.

La circulation sur les trottoirs reste formellement prohibée, hormis quelques exceptions très spécifiques. Les modèles trop puissants, non assurés ou non conformes sont considérés comme dangereux pour autrui et donc bannis. Les contrôles se multiplient et les amendes tombent. L’homologation manquante, la modification des moteurs ou la location sauvage placent les engins dans l’illégalité.

Qu’il s’agisse de modèles particuliers ou de trottinettes électriques de service, la règle est la même : respectez les critères, vous pouvez rouler ; sinon, la route se ferme à vous.

Ce que dit la loi : obligations, limitations et zones d’interdiction

Le code de la route encadre précisément l’utilisation des trottinettes électriques. Premier point : la vitesse maximale autorisée ne doit jamais excéder 25 km/h. Tout dépassement vous fait sortir du cadre légal. Depuis septembre 2023, il faut désormais avoir 14 ans pour conduire une trottinette électrique. Les plus jeunes n’y ont plus accès, ce qui marque un vrai changement sur la question du minimum trottinette électrique.

La loi impose également des équipements obligatoires : feux avant et arrière, catadioptres, avertisseur sonore, et système de freinage performant. Le port du casque reste facultatif pour les adultes mais il est vivement conseillé, surtout pour les mineurs. Impossible d’échapper à la responsabilité civile : pour rouler en toute légalité, il faut être assuré. Que ce soit via une assurance trottinette électrique dédiée ou par extension de votre contrat, il faut vérifier que la protection est effective.

Les principales interdictions et obligations à connaître sont les suivantes :

  • Interdiction totale de circuler sur les trottoirs, sauf si la trottinette est poussée à la main
  • Utilisation prioritaire des pistes cyclables, puis des routes limitées à 50 km/h en l’absence de piste
  • Stationnement désordonné sanctionné ; transport de passager strictement interdit

Les sanctions sont immédiates : 135 euros pour une circulation sur trottoir, jusqu’à 1500 euros en cas de modification technique. Le respect des règles de circulation concerne chaque usager de la route. Faute de quoi, l’amende est inévitable et l’engin peut être immobilisé. Les textes évoluent, mais l’objectif ne varie pas : garantir la sécurité de tous et préserver une bonne entente entre piétons et cyclistes.

Femme agent municipal inspectant scooters dans quartier

Adopter les bons réflexes pour une utilisation responsable et conforme

En ville, rouler à trottinette électrique demande rigueur et vigilance. Chaque déplacement s’accompagne d’une responsabilité : il s’agit d’appliquer le code de la route au pied de la lettre. Cela signifie : céder la priorité aux piétons, signaler ses changements de direction, respecter les feux de signalisation et limiter sa vitesse à 25 km/h. La sécurité est une exigence qui ne souffre aucune exception.

Voici les réflexes à adopter pour rester en règle et en sécurité :

  • Assurance responsabilité civile : il est impératif de vérifier que votre trottinette est couverte, soit par votre assurance habitation, soit par une garantie spécifique. Sans cela, vous ne serez pas protégé en cas de dommage causé à un tiers.
  • Équipements obligatoires : assurez-vous que votre trottinette dispose bien de feux avant et arrière, de catadioptres et d’un avertisseur sonore. Un bon freinage est indispensable. Le port du casque reste fortement recommandé, en particulier pour les mineurs.

La visibilité ne doit jamais être prise à la légère : privilégiez des vêtements clairs ou des accessoires réfléchissants, notamment à la nuit tombée. Un bon équipement réduit considérablement les accidents lors de vos trajets en engin de déplacement personnel motorisé.

Dès que des pistes cyclables sont disponibles, utilisez-les en priorité. Le partage de l’espace public impose, à chacun, de respecter la place de l’autre. En cas de non-respect, la sanction est rapide : amende, immobilisation de l’engin, voire suspension d’assurance.

Maîtriser sa trottinette, anticiper les dangers et adapter sa vitesse à la circulation urbaine sont les clés d’une mobilité sereine. La vigilance, elle, reste la meilleure alliée de ceux qui misent sur l’électrique pour se déplacer. Reste à chacun de choisir s’il veut rouler dans le sens du progrès… ou rester sur le bas-côté.

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